Bonjour les carottes ! Cette semaine, la Rédac' vous invite au voyage en direction de l'Amérique du Nord pour s'intéresser au sujet des cranberries !

Cranberries Saw Us

Le 1 février 2021
Bonjour les carottes ! Cette semaine, la Rédac' vous invite au voyage en direction de l'Amérique du Nord pour s'intéresser au sujet des cranberries !
Vignette de l'article Cranberries Saw Us

La canneberge : une histoire de tradition !

La cranberry, ou canneberge en français, est un fruit originaire d’Amérique du Nord. Son nom est dû à la ressemblance de sa fleur avec la tête d’un oiseau : la grue, qui se dit “crane” en anglais, lui donna le nom qu’on lui connaît aujourd’hui, cranberry.
Cette baie aux nombreuses vertus est d’abord utilisée par les Amérindiens comme un aliment de survie, comme colorant pour le tissu ou encore comme remède. De nos jours, la cranberry est toujours utilisée pour ses propriétés médicinales. Afin de vérifier si cela est bien vrai, nous aborderons ce point avec vous un peu plus tard dans l’article.
Qu’en est-il de la récolte ? Les cranberries poussent dans des tourbières, zones marécageuses que l’on trouve en Amérique du Nord et du Sud. Sa récolte se fait à l’automne, les cultivateurs ont alors recours à deux techniques. La première, en tourbière, nécessite l'inondation du marais par 45 cm d’eau. Ce processus a pour effet de détacher les baies de cranberries de la branche et de les faire remonter à la surface grâce à l’air qu'elles contiennent. Il ne reste plus qu’à les récupérer à l’aide d’un grand filet. L'inondation est la technique la plus utilisée, car elle est rapide. Les cranberries récoltées dans les marais sont principalement transformées en jus.
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La récolte en tourbière inondée. Crédit photo : Ocean Spray
La deuxième technique, quant à elle, se fait dans les tourbières sèches, qui n’exigent pas d'inondation : les cultivateurs procèdent à la récolte à l’aide d’une cueilleuse mécanique qui balaye les arbustes et en détachent les baies. Les cranberries récoltées à l’aide de cette technique sont vendues dans le rayon frais de votre supermarché.
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La récolte en tourbière sèche. Crédit photo : Ocean Spray

Et l'environnement dans tout cela ?

Ces deux techniques de récolte ont suscité quelques questions au sein de la Rédac’, notamment en matière d’écologie. En effet, avec la première façon de récolter le fruit, il est nécessaire d'immerger les baies sous l'eau. Alors quand vient le printemps, l’eau s’évapore naturellement, entraînant une forte hausse du taux d’humidité. C’est à ce moment que se développent des champignons et des bactéries qui auront un impact négatif sur les futures récoltes. Pour lutter contre ce phénomène, les agriculteurs aspergent les cranberries avec un pesticide au phosphore. S’il est essentiel pour les êtres vivants, en grande quantité, le phosphore peut avoir des effets néfastes sur la santé des consommateurs de cranberry.
Ajoutez à cela un impact direct de ces pesticides sur notre environnement : en se désagrégeant, les résidus restants contaminent les sols. L’utilisation peut aussi entraîner le développement d'algues toxiques et la mort de plusieurs espèces d'invertébrés. Les ressources en eau sont contaminées : dans le Wisconsin (USA), la culture intensive de la cranberry a entraîné en 2015 une détérioration des cours d’eau naturels par diffusion de phosphore ainsi qu’une détérioration des activités de pêche à cause des algues toxiques : "Le niveau de phosphore rejeté est si élevé que la population de poissons du lac décline et certaines zones ne peuvent plus être utilisées à cause du développement des algues".
Par ailleurs, l'usage d’une très grande quantité d'eau pour l'irrigation et l'inondation des cultures, à différentes périodes de l'année, a un impact sur les nappes phréatiques locales. Les ruisseaux et les rivières sont à cette période submergés par l'écoulement massif des eaux sur les sols. À ce jour, nous manquons de données pour connaître les effets à long terme de cette utilisation excessive d’eau.
Nous noterons aussi que la récolte demande de la logistique et des machines qui consomment des énergies fossiles. Au passage, la récolte des cranberries sèches est suivie d'un transport en hélicoptère pour garantir la fraîcheur des baies. Un transport peu anodin, avouons-le !

Une culture en voie d'amélioration

Il est à noter toutefois que des évolutions ont eu lieu. Tout d'abord, on peut noter le nombre grandissant de cultures certifiées "Agriculture Biologique", qui évitent l'usage intensif des pesticides en privilégiant des produits de meilleure qualité, notamment pour l'environnement et la santé.
De nouveaux dispositifs concernant l'irrigation et le drainage ont été inventés : certains récupèrent ainsi les eaux déjà utilisées pour ne pas en puiser ailleurs ou d'autres produisent dans des bassins fermés qui limitent l'impact sur les alentours. Au passage, certaines espèces ont trouvé refuge dans les tourbières, devenues un nouvel écosystème, comme la tortue des bois.

Que des bienfaits pour la santé ?

On entend souvent parler de la cranberry pour ses bienfaits sur l’organisme, mais qu’en est-il réellement ? Mérite-t-elle sa réputation de fruit parfait ?

Elle est très souvent dépeinte comme étant une arme redoutable contre les infections urinaires. Si ces dernières sont dues à la fixation des bactéries sur les parois de l’urètre et de la vessie, la cranberry contiendrait des principes actifs, comme le fructose et les proanthocyanidines, qui empêcheraient justement cette fixation.
L’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) a même créé une mention pour les étiquettes : « La consommation de jus de cranberry contribue à limiter la fixation de certaines bactéries aux parois urinaires. » L’AFSSA a par la suite retiré la mention suite aux études réalisées sur le sujet. La plus connue des expériences a été menée sur 185 femmes pendant un an. Deux sous-groupes ont été créés, l’un recevant des capsules de cranberries et l’autre un placebo. Le résultat est venu contredire le mythe : les chercheurs n’ont conclu aucun effet, positif ou négatif, de la baie sur les infections urinaires.
Suite à de nombreuses études, l’ANSES reconnaît que : « les données sont actuellement insuffisantes pour conclure que la consommation de canneberge a un effet préventif sur les infections urinaires. » Elle ne qualifie donc pas la cranberry d’efficace.

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Le jus de cranberry comme on en retrouve dans le commerce

Vous en voulez encore ?

Suprise ! La cranberry est aussi une bonne amie du dentifrice ! Elle est d’ailleurs utilisée pour lutter contre le scorbut grâce à sa richesse en vitamine C.
Aujourd’hui, ses bienfaits pour la muqueuse buccale sont prouvés grâce à sa capacité antiadhésive contre les bactéries, elle freine la formation de plaque dentaire. Les études parlant du sujet ne visent pas à démontrer les bienfaits de sa consommation, mais plutôt à montrer l’efficacité de ses substances. Certes, la cranberry est bonne pour l’hygiène dentaire, mais attention à la consommation de certains jus. Si l’ajout de sucres est important et que l’acidité est élevée, les boissons peuvent entraîner une déminéralisation des dents.

Les cranberries sont riches en antioxydant, en particulier en flavonoïdes, les molécules responsables de la coloration en rouge des baies. Or, les antioxydants limitent les problèmes cardiovasculaires et d’autres maladies liées au vieillissement. Ces mêmes antioxydants aident aussi à combler le manque de zinc et de potassium après l’effort. Et ça, c’est génial pour les sportifs !

Alors oui, cette petite baie possède de nombreux bienfaits : pour les maladies intestinales, pour la santé dentaire, pour les maladies cardiovasculaires et possiblement pour les infections urinaires. Il suffit maintenant d'en consommer une quantité suffisante pour que cela fonctionne ! Il est recommandé, pour que les effets positifs apparaissent, de boire au minimum chaque jour un verre (soit 250 ml) de jus de cranberry ou de manger une bonne poignée (30 grammes) de cranberries séchées.

Les Astuces de LundiCarotte

  • Lorsque vous en achetez, privilégiez celles qui sont certifiées biologiques ou cultivées par des organismes indépendants - pour bien les choisir, les baies fermes et brillantes sont les meilleures ;
  • Au vu de ses bienfaits pour la santé et de ses propriétés antioxydantes, c’est un fruit à consommer sans modération à première vue...
  • ...mais à consommer avec parcimonie pour son impact environnemental ou lorsqu'il est utilisé sous forme de boisson à cause d'un éventuel haut taux de sucre.
Voilà pour ce petit article hebdomadaire ! Nous espérons qu'il vous a plu. Par ailleurs, la Rédac' remercie l'ensemble des participants du QuizCarotte du mercredi 27 janvier, cela a été un plaisir de jouer avec vous ! Très bonne semaine à vous, les carottes !
Laura Dumaine, Margaux de Vassal et Clément Vadaine
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